Ah! le Japon... ses temples et ses jardins, sa cuisine excellente, la politesse de ses gens, leur hospitalité, leur joie de vivre, la beauté de ses paysages, la sophistication de son design, le raffinement de son art, l'originalité de sa culture, la sécurité de ses rues, la force de son yen, son exotisme, la qualité de ses produits... |
Arg! le Japon... ses trains bondés, son racisme à la petite semaine, ses hommes émasculés, ses femmes mises en esclavage, l'infantilisation générale, le ridicule de ses modes, les excès de son consommateurisme... |
Baka signifit "imbécile" ou "stupide", et est de loin l'insulte la plus courante au Japon. |
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Certaines personnes aiment le Japon inconditionellement. Ils y vivent, plus japonais que les japonais - ils se "tatamisent" - et vont jusqu'à regretter leurs origines de gaijin, qu'ils traînent comme une tare. Ce n'est pas mon cas. J'aime le Japon, et ce site le démontre assez je pense, mais je reste conscient des faiblesses, des défauts, des comportements honteux que le Japon et les japonais ont eu dans un passé récent, et ont encore souvent. D'abord la honte Durant la première guerre mondiale, le Japon combattit au côté des alliés, mais quand la paix est venue, il a été frustré dans ses ambitions colonialistes. Le Japon avait décidé de devenir une puissance coloniale dès la fin du dix-neuvième siècle, affrontant avec succès la Russie, la Chine et la Corée, mais il oublia de considérer deux choses. D'abord si les puissances coloniales occidentales pouvaient se tolérer l'une l'autre, se fusillant mais se respectant, d'une guerre à l'autre, un pays d'Asie, avec ses petits bonshommes jaunes, qui trente ans auparavant portaient encore des pyjamas et qui baragouinent une je ne sais quoi de langue ridicule, un de ces petits pays jolis sur les cartes postales, agréable pour son exotisme, mais sans plus, ne pouvait pas prétendre à être une puissance internationale et coloniale. Ensuite, le colonialisme arrivait à sa fin, et dès la fin de la première guerre mondiale, avec la Société des nations et le desarmement, le Japon avait un siècle de retard dans ses ambitions. Le résultat on le connait : le Japon tomba sous la gouverne de forces nationalistes, militaristes et colonialistes, il joignit les forces de l'Axe, ne signa pas la convention de Genève, ne la respecta pas non plus, ayant décidé de combattre jusqu'au dernier nippon s'il le fallait, mais Hiroshima remit les pendules à l'heure... Cette attitude de loup solitaire, de la loi du plus fort, du malheur au vaincu, cette idée que c'est le vainqueur qui écrit l'histoire, coûta cher au Japon. Les massacres de Chine - on estime à 100,000 morts ceux de la ville de Nanking seulement - les ouvriers déportés dans des camps de travail, les femmes forcées à un esclavage sexuel, les suicides forcés de civils, le traitement des prisonniers de guerre, mis aux travaux forcés, battus, affamés, exécutés, ont donné aux alliés, même si ce n'était qu'après coup, toutes les excuses nécessaires pour laisser sauvagement libre court à leur racisme : l'incarcération des citoyens américains d'origine japonaise (pas italienne, pas allemande, japonaise seulement), la destruction de Tokyo (les estimations officielles vont de 80 à Mais tout cela est de l'histoire ancienne. La démilitarisation du Japon et la guerre de Corée ont gonflé les voiles d'une nouvelle puissance économique. Le pays s'est vu en vingt ans passer de la ruine à la richesse. Les japonais vivent dans l'insouscience, l'abondance, et l'ignorance de leurs responsabilités historiques. Et c'est là la chose honteuse : le Japon n'a jamais reconnu ses torts. L'Allemagne a fait son mea culpa, amende honorable, a reconnu les faits, s'est excusé, a cherché à réparer, pas le Japon. On nie. Les livres d'histoire à l'école, au sujet du viol de Nanking, disent quelque chose comme : "plusieurs personnes périrent, civils et militaires", puis passent à autre chose. Quand la Corée ou la Chine tentent de faire changer l'enseignement de l'histoire, le Japon se révolte de cette intrusion dans les affaires domestiques japonaises, comme si dans les années trente, en envahissant ces pays, le Japon ne leur avait pas causé assez de torts pour justifier de telles demandes. Et vogue la galère : les enfants ignorent tout des crimes de leurs aînés. Il y a au Japon un mouvement nationaliste d'extrême-droite, des para-militaires en noir, qui regroupent, dans un accouplement contre-nature, les forces de police et les yakuza, des politiciens et des religieux, qui nie les crimes de guerre japonais, et qui vénère à Yasukuni Jinja les dépouilles déifiées des criminels de guerre exécutés par les américains. Rajoutant l'insulte à l'injure, monsieur Koizumi (l'ex-premier ministre du Japon) pendant tous ses mandats se rendit annuellement au sanctuaire, dans une athmosphère de controverse internationale et malgré les cendres mal éteintes des rancoeurs chinoises et coréennes, pour rendre hommage à ces héros du pays du soleil levant. Monsieur Abe, son successeur, durant son court mandat a réussi à contrarier les nationalistes en refusant de se rendre officiellement à Yasukuni Jinja. Ne concluez pas trop vite. Monsieur Koizumi non plus ne s'y rendait pas officiellement. Disons qu'il s'y rendait officiellement à titre personnel. Les japonais aiment jouer sur les mots. Ainsi le Japon n'a pas d'armée. Sa constitution le lui interdit. Il a une force d'auto-défense. De fait, c'est une armée. Elle n'en a juste pas le nom. Et le Japon a le second plus grand budget militaire au monde... mais pas d'armée. En 2005, un groupe de femmes coréennes ayant servi d'exclaves sexuelles pour les troupes japonaises - qui ont été violées à répétition pendant des mois ou des années - a porté plainte devant une cour japonaise et demandé un dédommagement. La cour a rejeté leur plainte sous le prétexte que ce n'est pas aux individus, mais aux nations de porter ce genre de plainte. Comme si le tort n'avait pas été fait aux individus. Le Japon s'est tout simplement doté d'une loi qui lui permet de ne pas faire face à ses responsabilités. Monsieur Abe a déclaré officiellement qu'il n'y avait aucune preuve de l'esclavage sexuel durant la seconde guerre mondiale. Depuis des documents trouvés aux Pays-Bas dans lesquelles deux hollandaises affirment avoir été forcées à des relations sexuelles par les japonais ont été trouvés. En visite aux États-Unis, Abe s'est excusé de ce qu'il avait dit à ce sujet. En Occident, un homme politique qui affirme quelque chose au pays et le contraire à l'étranger passerait un mauvais moment en chambre. Au Japon ce n'est pas le cas. On sait que ce qu'on dit aux étrangers, qui ne comprendront jamais le Japon, n'est que pour les satisfaire et les faire taire, et même si le Japon dédommageait ses victimes, ce ne serait encore que pour que l'on se taise. Au Japon, rien de tout cela n'est arrivé. Ensuite le paradoxe Le japonais est-il le fanatique sanguinaire et sadique, qui torture, massacre et viole, un sabre à la main, ou le gentil monsieur si poli qui s'empresse de vous aider, si content de pouvoir vous parler, et respectueux de votre bien-être, de vos opinions et de votre culture? C'est les deux, du moins historiquement. Dire que le Japon est un paradoxe est un lieu commun. C'est aussi inévitable. Comment qualifier un pays, fameux pour son sens de l'organisation, dont le "just in time" a fait la richesse et où les trains roulent comme une montre suisse, mais où personne ne semble capable de prendre la moindre initiative, où l'individualité est vue comme un problème infantile et le groupe comme l'air et le sang sans lesquels on ne survivra pas? Si les japonais reprochent aux étrangers l'infantilité de leur individualisme, on peut leur reprocher de ne pas être sorti de l'adolescence, et de chercher à compenser leur insécurité par une appartenance au groupe, à n'importe quel prix. Pour faire parti d'un groupe on doit chercher à en préserver l'harmonie. Pour ne pas être rejeté, on fait aussi ce qu'on nous ordonne, sans poser de questions. D'un côté on est sociable; de l'autre, possiblement, on assassine. N'a-t-on pas là notre japonais de tantôt? Si on fait différemment, on est prêt à renoncer au groupe, on est un individualiste... L'inefficacité nippone Le Japon est le pays des tremblements de terre, des volcans et des tsunami; le Japon est fameux pour son sens de l'organisation. En temps de crise, ce devrait être impressionnant de voir cette machine bien huilée rescaper les victimes. Cependant lors du tremblement de terre de Kobe en 1995, des témoins ont vu des files de camions de pompiers stationnés pendant plusieurs heures dans des rues bloquées, sans aucun bulldozer pour leur ouvrir la voie. L'armée n'a pas été mobilisée avant vingt-quatre heures. Les grues ne sont arrivées qu'après plusieurs jours. On s'est plaint d'une bureaucratie suivant les directives à la lettre, malgré leur évidente inefficacité, comme cet aéroport civil refusant de laisser atterrir les avions militaires. On a décrit des services médicaux et des systèmes de télécommunication effondrés. On a été surpris du manque de matériel de première nécessité, comme la nourriture. Il semble qu'un groupe de civils arrivant à Kobe avec des camions entiers de nourriture fut acceuilli en sauveur, avant que l'on ne réalise que c'étaient des yakuza venu faire du marché noir. Avec quelques Comment expliquer tout cela? La réponse est simple : il est plus facile d'organiser un horaire de train ou une chaîne de montage, que de prévoir les aléas d'une crise. Ensuite au Japon les décisions se prennent collectivement, et il est très difficile d'avoir l'assentiment de tout le monde, du troufion au commandant en chef, quand il est nécessaire de savoir s'il vaut mieux construire un pont de forture ou passer à gué, parce que c'était pas dans le manuel... et que personne ne veut se mouiller... Pour un japonais la pire chose est de commettre une erreur et d'être singularisé par le groupe comme responsable; il vaut mille fois mieux laisser le système échouer lamentablement et porter collectivement la responsabilité. On balaie sous le tapis et tout le monde est content. Le racisme institutionnalisé Peut-être que le Japon, en temps de crise - les japonais semblant manquer du sens d'initiative nécessaire - devrait remettre la gestion des opérations à un groupe d'étrangers compétents. Mais Shintaro Ishihara, le gouverneur de Tokyo, à interdit aux étrangers, même ceux parlant parfaitement japonais, ayant vécu au Japon depuis toujours et ayant les compétences nécessaires, de tenir en temps de crise quelque poste de responsabilité que ce soit. C'est que les japonais n'ont pas d'ordre à recevoir des étrangers. En fait, il a même déclaré devant des membres de la Force de Défense japonaise ses craintes de voir les étrangers à Tokyo se mettre à faire des émeutes en cas de tremblement de terre important, et son intention de faire appel aux forces militaires pour les réprimer. Le fait que lors du tremblement de terre de 1923, les japonais hystériques ont massacré quelques 2,500 coréens, chinois et okinawaiens, parfois avec l'aide de la police et de l'armée, en les accusant d'empoisonner les puits, ne semble pas donner à M.Ishihara le moindre indice au sujet de qui provoque les émeutes au Japon en temps de crise. Ishihara est le même personnage qui traite les chinois, taiwanais et coréens de sankokujin - le titre raciste qui leur était donné dans les années trente, quand ils étaient forcés de vivre au Japon, mais sans la citoyenneté, une espèce de "citoyen de second ordre" - et qui a dit que le français n'était pas une langue internationale parce que "le français ne sait pas compter" devant une assemblée d'intellectuels français s'étant opposé à l'un de ses projets. Mais ajoutons aussi que la différence entre M. Ishihara et plusieurs autres politiciens n'est pas tant ses opinions que le fait qu'il ait l'audace de les affirmer publiquement. Le Japon et la démocratie Messieurs Koisumi, Abe et Ishihara sont des politiciens. Derrière ses allures démocratiques, le Japon est-il une démocratie? On vote bien sûr, mais mis à part quelques années où le parti socialiste a été au pouvoir dans les années quatre-vingt-dix, le parti libéral a été roi et maître depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L'attitude équivoque au sujet du problème américain - on essait de ménager la fierté nationale et les millions de l'oncle Sam - le peu de succès en matières internationale et économique dans les vingt dernières années, et les multiples scandales qui font régulièrement la une des journeaux, ne semblent pas inquiéter les japonais. Quand on est un rouage dans une machine et que notre pouvoir est nul, on considère rapidement tout ça comme un fait acquis, et la démocratie à la japonaise n'en est en fait une que de nom. Le problème est que le parti libéral est divisé en plusieurs factions, que ces factions ont des chefs, qui ne sont pas élus, et que ces chefs gouvernent en réalité le pays - ce sont les "shogun noirs " - et non pas le premier ministre, qui lui est élu par le peuple, mais qui n'a pas de pouvoir réel. C'est que la démocratie au Japon ne remonte qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, et les japonais n'y sont pas très bons. La démocratie est un système où la responsabilité civique passe par l'individu, son éducation et ses opinions, choses que les japonais ne valorisent pas beaucoup. Aussi le pays s'est doté dans les années d'après-guerre d'un ministère de l'industrie très puissant - le MITI, un genre de mafia de l'université de Tokyo - dont les fonctionnaires gèrent en grande partie le pays, passant par dessus les têtes des ministres - des marionettes placées là pour faire joli - et responsable des conditions de travail horribles auxquelles les japonais sont soumis. Le Japon et la justice sociale Au Japon les gens ont trois jours de vacances par an. S'ils en ont plus et des ambitions de carrière, ils ne les prennent probablement pas, ayant peur d'être mal vu, de se voir refuser les promotions, de ne plus faire parti du groupe. Au Japon, si le lundi est un jour férié, plusieurs compagnies vont forcer leurs employés à travailler le dimanche. Il semble que ce soit illégal, mais c'est courant et toléré. Au Japon, on ne paie pas le temps supplémentaire. Pourtant on y meurt de surmenage professionnel : des patrons tuent littéralement leurs employés à la tâche. Par contre, au Japon on ne quitte pas le bureau avant son patron, alors s'il travaille et qu'on a terminé, on perd son temps, on fait semblant de travailler, on passe quinze heures là où ça en prendrait sept, on dort dans le train, on perpétue une longue tradition d'inefficacité au paradis de l'organisation. Même au temps de la bulle économique, quand le pays roulait sur l'or, sa prospérité était basée sur l'exploitation éhontée d'une classe de travailleurs journaliers, engagés au besoin, n'ayant aucuns avantages sociaux, tombant dans la misère lorsque trop vieux ou malades et ayant aujourd'hui probablement rejoint la faune misérable des gens sans domicile fixe qui vivent dans les parcs et le long des rivières. C'est là le petit secret sale que les japonais cachent. Visitez Sanya (près de Minami Senju) et vous ne verrez plus jamais le Japon du même oeil. Comment l'Allemagne - encore elle - fait pour avoir la troisième économie mondiale avec une population plus petite que celle du Japon, six semaines de vacances par an, peu de temps supplémentaire et des salaires plus élevés, est une question qui n'intéresse pas les japonais. Ils préfèrent mettre quelqu'un dans une boîte, lui faire croire que s'il perd sa boîte sa vie sera finie, le pressurer, le réduire à un système inefficace, puis - chose nouvelle depuis les années quatre-vingt-dix - le renvoyer quand on a plus besoin de lui. Le Japon, deuxième économie mondiale, a un système d'assurance-maladie bancal. Les frais médicaux, qui sont chers, ne sont que partiellement couverts, et vous vous retrouvez à payer le tier et plus du coût de vos visites médicales et de vos médicaments. La grossesse et les soins préventifs ne le sont pas du tout. On doit payer pour joindre le programme d'assurance médicale. Des pays comme la Suède ou le Canada, qui réussissent, avec des économies bien moins fortes que celle du Japon, à offrir à leurs citoyens des services médicaux gratuits ne semblent pas impressionner les japonais. On préfère garder le taux d'imposition bas, laisser les gens payer de leur poche, en ménageant la chèvre et le choux, comme si le droit à des soins médicaux gratuits et de qualité était une matière de choix national. Ça a des allures américaines; c'est déplorable. En conclusion J'aime les japonais. Ils sont le plus souvent charmants, intelligents, accueillants, leur culture est fascinante, leur pays superbe, et même Tokyo avec ses airs de métropole chaotique et mégalomane recèle des trésors admirables. Je hais les japonais. Du moins je hais leur manque d'individualité et de sens de l'initiative. Je sais que d'un côté c'est le prix à payer pour l'harmonie, la politesse et la sécurité qui rendent le pays si agréable, mais c'est aussi la source de la corruption - depuis celle des politiciens jusqu'à la tolérance des yakuza (affiliés aux mêmes politiciens) - du racisme latent qui mine la vie des étrangers - surtout ceux qui ne sont pas blancs - de la bêtise de la règle pour la règle, au-delà de tout bon sens et de toute vraisemblance. Mais le pays change. Au gouvernement et dans les grandes entreprises les choses sont statiques, mais les compagnies étrangères, qui sont de plus en plus nombreuses, les petites compagnies qui émergent et une nouvelle génération plus ouverte sur le monde changent tranquillement les choses. L'emploi à vie étant chose du passé, la fidélité à l'entreprise en a pris un coup, et on change d'emploi. Il faut dire aussi que depuis toujours il y a beaucoup de japonais entrepreneurs - des commerces et des petites compagnies - qui ont un sens des affaires remarquable. Et puis si d'un côté les choses s'améliorent, de l'autre la criminalité augmente - en parti dû à l'économie qui bat de l'aile et en partie à l'influence des média américains, qui donnent le mauvais exemple. C'est le revers de la médaille de l'individualisme. On a les qualités de ses défauts et les défauts de nos qualités, dit-on. Le Japon a de belles qualités, entre autres celles d'avoir des citoyens ayant un profond sens des responsabilités et une harmonie sociale exemplaire, mais il est aussi pris dans un conformisme irritant, qui va jusqu'à se manifester dans la façon qu'ont les gens d'être non-conformistes.
Si les japonais sont si incompétents, d'où vient la prospérité japonaise? D'abord il y a une forte capitalisation. Le taux d'épargne au Japon est élevé, car l'achat de choses comme une maison est difficile. Aussi le Japon n'a pas eu à payer pour sa défense pendant des dizaines d'années après la seconde guerre mondiale, les États-Unis s'en chargeant, libérant ainsi des sommes appréciables. Ensuite il y a une forte collusion des milieux industriels, financiers et gouvernementaux permettant des alliances à longs termes profitables. Il y a une masse de travailleurs éduqués, qui dû à la barrière linguistique sont essentiellement prisonniers du marché. Il y a aussi une masse de travailleurs journaliers facilement exploitables, les syndicats étant presqu'inéxistants. Il y a au Japon une tradition centenaire d'appartenance au groupe et de soumission à l'autorité qui facilite l'intégration des employés dans la compagnie, et pendant longtemps la mobilité entre les compagnies était quasi-impossible, permettant une formation avancée. Il y a encore le système de prise de décision ascendant, où les décisions sont d'abord prises par le bas de la pyramide, puis soumises aux supérieurs. Impensable en Occident, entre autre parce que trop lent et trop dispendieux, il fonctionne très bien dans le cadre japonais. Bien sûr, le sens de l'organisation, et les systèmes de production "just in time" donnèrent aux japonais un avantage commercial non négligeable. Une vision, pour des produits de qualité à relativement bon marché, a joué en faveur du Japon. Et enfin une certaine chance, avec la guerre de Corée et la crise du pétrole, qui ont créé des marchés pour les produits japonais. |